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Ce projet vise à mettre en valeur le patrimoine insulaire et culturel à travers l’étude des tours génoises, véritables sentinelles ayant protégé l’île contre les invasions barbares. L’analyse porte sur
leur architecture, les matériaux employés et leur rôle dans l’histoire de la Corse. Bien que robustes à l’origine, ces édifices présentent aujourd’hui une grande fragilité, rendant leur conservation difficile.
L’utilisation des technologies 3D permet désormais de mieux comprendre et de préserver cet héritage.
Les tours génoises ont dans l’ensemble été construites selon un même plan architectural : un plan circulaire. Cette forme arrondie permettait une meilleure résistance aux boulets de canon. Au centre de la tour, un resserrement est observé, c’est le cordon.
Les tours présentent deux ou trois étages. Au rez-de-chaussée se trouve la citerne, qui permettait de stocker l’eau. Au premier étage, se trouvait la salle de repos des «Torreggiani», les soldats gardant la tour. On y pénètre par une échelle amovible, qui pouvait être retirée lors d’attaques. Au niveau des étages se trouvait une cheminée afin d’allumer un feu en cas d’attaque et, ainsi, de prévenir, grâce à la fumée, les autres tours situées tout au long du littoral. Cela permettait de donner l’alerte aux places fortes de l’île. On accédait au toit-terrasse par un escalier intérieur. Sur cette terrasse, une guérite permettait de mettre à l’abri les soldats par temps de pluie. La terrasse est entourée de machicoulis. La tour génoise est réalisée en pierres locales enduites à la chaux.
Présentation
La tour de Farinole se situe entre le bord de mer et la D80, à une vingtaine de mètres d’altitude, au nord de la petite marine du même nom. Elle offre une vue au sud-ouest sur la tour
du Fornali et à l’ouest sur celle de la Murtella.
D’une hauteur de 11 m et d’un diamètre à la base de 10,50 m, elle a été construite en 1562. Une ouverture au sud-est, au-dessus du cordon, permettait d’accéder à la salle du repos. La tour se trouve sur une parcelle privée. Bien qu’elle soit encore debout de la base du cordon, elle se dégrade inexorablement et se trouve être en mauvais état aujourd’hui. Une grande partie du merlon est abimé, les machicoulis s’effondrent peu à peu. La face est, encore crépie sur une bonne partie, est la mieux conservée. La face ouest, offerte aux vents et aux embruns, se détériore. Son état d’abandon est manifeste, malgré la procédure de classement dont elle a fait l’objet.
La tour de Farinole en quelques chiffres
Tour de Farinole, massive, lourde :
Hauteur de la tour : 11 m
Diamètre de la base de la tour : 10,50 m
Hauteur jusqu’au cordon : 5,30 m
Hauteur du cordon à la terrasse : 4,70 m
Nombre de mâchicoulis : 19
Section des mâchicoulis: 0,35 m x 0,55 m
Les dimensions de la couronne : 1 m de largeur, 0,60 m de hauteur
Les dimensions du merlon : 0,80 m de hauteur ; 0,60 m d’épaisseur
Matériaux utilisés : Calcaire
La surface de la pièce où logent les «Torregiani» : 17 m²
La tour est demandée pour protéger la région des Agriates, le grenier à blé et la zone de pacage des
communautés du Haut-Nebbio et de Haut-Balagne, mais aussi communautés du Cap Corse.
La tour de Farinole surveillait la navigation.
Présence de petits silos à blé au pied de la tour de Farinole.
Situation
Coordonnées de la tour : 42.731886 ; 9.342761
Commune de Farinole (Feringule) située dans la circonscription départementale de la HauteCorse et le territoire de la collectivité de Corse, à l’extrémité septentrionale du Nebbio (Nebbiu), à la base du Cap Corse (Capi Corsu) dont elle ne fait pas partie mais constitue sa «porte-d ’entrée» occidentale depuis Saint-Florent (San FIurenzu). Elle appartient à l’ancienne piève de Patrimonio (Patrimoniu) et fait partie de la Communauté de communes Nebbiu-Conca d’Oro.
La Caractéristique des tours en général
Une première partie, qui constitue la base, s’élève jusqu’au cordon. Elle est généralement massive, inclinée et ne porte aucune ouverture. C’est dans cette partie que l’on trouve la plupart du temps, creusée dans l’épaisseur des murs, la citerne, plus ou moins importante suivant les tours, dont l’alimentation est permise par une canalisation de terre cuite qui prend naissance sur la terrasse.
La deuxième partie constitue une sorte de tronc qui s’élève jusqu’à la terrasse. Les ouvertures sont généralement dans ce corps du bâtiment : il s’agit de la porte, d’une ou deux baies, parfois quelques meurtrières.
La pièce intérieure qui correspond à cette seconde partie dispose souvent des mêmes aménagements : cheminées, niches. Le sol est parfois en terre battue. Mais dans la plupart des tours il y avait un plancher c’est la pièce de séjour des « torregiani », en dehors de leur temps de garde qui, est assurée à tour de rôle sur la terrasse, à laquelle on accède, soit au moyen d’un escalier taillé dans l’épaisseur du mur, soit au moyen d’une échelle meunière.
La troisième partie coiffe les deux autres. Il s’agit d’une plate-forme à machicoulis surmontée parfois par une sorte de guérite : une guardiola.
Gênes
La République de Gênes est l’une des grandes républiques maritimes italiennes. Elle a duré près de
huit siècles, de 1099 à 1797. La Corse fut sous la domination génoise de 1453 à 1729, avant d’être
cédée à la France.
Lors du XVIe siècle, le territoire insulaire fait face à de nombreuses menaces de pirateries turques venant de la mer. Afin de protéger l’île, la République de Gênes fait construire des tours défensives, avec aussi des tours de surveillance des côtes. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui les tours génoises ou tours du littoral.
Il y a eu 120, et aujourd’hui il n’en reste que 92. Parmi elles, une tour se trouve sur le territoire du Grand Site de France : c’est la tour de Farinole.
C’est tours permettaient de donner l’alerte, en cas d’intrusion, aux places fortes de l’île : les citadelles (comme celle de Saint-Florent).
D’après un document daté du 29 janvier 1562, autorisation fut donnée au podestat de Farinole, d’imposer de 1 à 3 litres les personnes qui ne concourraient pas à la construction et à la garde de la tour.